Il est cinq heures du matin, je viens de me réveiller. Tout est calme dehors. Le monde dort comme un enfant sage.
Seule devant mon café, la tête dans les mains, je me souviens de l’odeur que dégageait la cafetière de ma grand-mère, posée sur le coin de la cuisinière.
Etait ce le bon temps ? Sûrement.
La vraie vie passe par des odeurs, des bruits, des gestes familiers. Notre cerveau les garde en mémoire, les stocks, comme cet ordinateur qui retient mes écrits.
Mais il y a des choses que même les plus grands computers ne pourront jamais garder en mémoire, du moins je l’espère, comme le parfum de l’autre sur l’oreiller, ou bien les traces d’amour sur un cou dénudé.
Alors, pourquoi faire un blog de sa vie, puisque l’on ne pourra même pas y mettre le parfum d’une rose transpirante de rosée au petit matin.
Peut-être tout simplement pour ce faire connaître, prouver que l’on est bien là.
Plus le monde se modernise, moins l’occasion d’être connu se fait sentir.
Pas moyen de vous faire humer ce bouquet de violettes qu’un fougueux amant a laissé en partant à cette princesse de sang. Pas moyen de vous faire goûter cette tarte aux myrtilles cuite au feu de bois. Pas moyen de… Pas de moyen de…... Pas moyen… !
Voilà, où nous en sommes arrivés. Un écran, vous et moi.
Alors, comme c’est la seule et unique solution, voici mon blog.
Il ne vous reste plus qu’à imaginer les vraies choses de la vie qui vont avec mes textes, mes photos, mes joies, mes chagrins et mes rires.